Nigeria Air : le gouvernement veut voir sa nouvelle compagnie nationale dans les airs d’ici le premier trimestre 2022

Avec ses plus de 210 millions d’habitants, le Nigeria est un marché aérien à très fort potentiel qui attise beaucoup de convoitises. En juillet 2018, le pays annonçait en grande pompe le lancement imminent de sa nouvelle compagnie aérienne dénommée « Nigeria Air ». 3 ans plus tard, l’Etat ravive le dossier.

Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne du Nigeria en gestation depuis 3 ans, pourrait décoller d’ici mars de l’année prochaine. « En 2021, nous essaierons de faire tout ce qui est nécessaire et nous avons probablement l'intention de commencer les opérations vers le premier trimestre 2022 », a affirmé le ministre de l’aviation, Hadi Sirika(photo). C’est l’information donnée à la presse mercredi 19 mai à Abuja au terme du Conseil exécutif fédéral.

A l’en croire, la crise sanitaire a été pour beaucoup dans les retards accusés depuis lors. Mais le processus devrait connaitre une accélération, a-t-il rassuré.  « Nous revenons au conseil, espérons-le dans les deux prochaines semaines, pour présenter la – nouvelle – feuille de route du transporteur national. Nous sommes allés au conseil pour approuver l'analyse de rentabilisation ; puis, le conseil a soulevé des questions et nous a demandé d'aller revoir la note et de la rapporter. » 

D’après ladite feuille de route, consultée par Economic Confidential, la compagnie aérienne sera conduite par le secteur privé, le gouvernement ne détenant pas plus de 5% des actions. Environ 250 millions de dollars à mobiliser par les investisseurs privés seront nécessaires pour son lancement.

Rappelons que projet initial avait été suspendu contre toute attente en septembre 2018 alors même que le lancement des opérations était attendu pour la fin de l’année. Le nom, le logo, les couleurs et même le slogan (« Bringing Nigeria closer to the world ») avaient déjà dévoilé plus tôt en juillet en marge du Salon aéronautique de Farnborough au Royaume-Uni. Le plan de démarrage prévoyait une flotte de lancement de cinq avions dont des Airbus A330s et Boeing 737s, avec un objectif visé de 30 avions d’ici les cinq prochaines années. Le transporteur se projetait à 81 liaisons, dont 40 lignes nationales et sous-régionales et 41 dessertes internationales. 

Un marché interne fortement compétitif 

De tout évidence, le futur transporteur aura fort à faire avec la concurrence.  Depuis la disparition de la défunte compagnie nationale en 2003, le marché nigérian s’est considérablement libéralisé avec l’arrivée de nouveaux compétiteurs.

A ce jour, on dénombre 11 compagnies locales qui y opèrent à savoir Air Peace, Azman Air, Dana Airlines, Aero Contractors, Arik Air, Med-View, Overland, First Nation, Max Air, Ibom Air et United Nigeria Airlines (opérationnelle depuis le 12 février 2021).  La startup Green Africa Airways a fixé  la date de lancement de ses opérations au 24 juin prochain. D’autres à l’instar de Cally Air ou encore  NG Eagle – dont l’Etat sera actionnaire – ambitionnent de prendre les airs d’ici la fin d’année. Toutes les deux ont déjà constitué leurs flottes initiales d’avions.

En avril dernier, Sam Adurogboye, le directeur des relations publiques de l’Autorité de l'aviation civile du Nigeria (NCAA) révélait qu’environ 23 dossiers de demande de certificat de transporteur aérien (CTA) sont en cours de traitement. 

C’est qu’en effet, le Nigeria – large pays de 923 768 km² qui compte 36 Etats fédérés –   est toujours en sous-capacité. Il n'y a pas assez de sièges pour répondre à la demande, explique le consultant en aviation Muyiwa Lucas. On parle pourtant ici d’un pays qui a vu l’émergence d’une solide classe moyenne ces dernières années et qui escompte de nombreuses retombées avec l’opérationnalisation effective du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) – lancée en janvier 2018– et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) – effective depuis le 1er janvier 2021.

Mais au-delà de cette euphorie avec l’entrée en scène de nouveaux transporteurs, Airline Operators of Nigeria (AON) se désole toujours du fait que peu d’entre elles réalisent des marges bénéficiaires. L’Association continue de pointer un doigt accusateur sur l'environnement opérationnel local qui demeure très asphyxiant, entre goulots administratifs, coûts de maintenance élevés, pléthore de taxes, cherté du carburant d’aviation et maintenant la  crise sanitaire. 

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